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Le Blog de Georges Zafran

Il fait nuit noire. Une couverture nuageuse s'étend sur le firmament. Pas d'étoiles pour me guider. Forcément, je ne vois pas leur couleur, je ne peux pas savoir si le ciel annonce de la pluie ou pas. Il est trop tard pour checker la météo sur mon téléphone. Pfff tu aurais pu le faire avant le départ quand même. On dirait que je fais tout pour me nuire. Les 2000 pieds qui m'entourent frappent le sol d'une foulée légère mais suffisante pour le faire trembler. La montagne vrombit, les encouragements des supportaires résonnent contre les falaises de basalt. Je suis entouré d'une masse informe de multiples gens, recouvert par le bruit des pas et des cris, et pourtant, au lieu de vivre l'instant présent, de ressentir toutes ces vibrations passer à travers moi comme des ondes gravitationnelles, je me recroqueville, je m'enferme et je me retrouve tout seul dans ma tête.

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Le Blog de Georges Zafran
Il fait nuit noire. Une couverture nuageuse s'étend sur le firmament. Pas d'étoiles pour me guider. Forcément, je ne vois pas leur couleur, je ne peux pas savoir si le ciel annonce de la pluie ou pas. Il est trop tard pour checker la météo sur mon téléphone. Pfff tu aurais pu le faire avant le départ quand même. On dirait que je fais tout pour me nuire. Les 2000 pieds qui m'entourent frappent le sol d'une foulée légère mais suffisante pour le faire trembler. La montagne vrombit, les encouragements des supportaires résonnent contre les falaises de basalt. Je suis entouré d'une masse informe de multiples gens, recouvert par le bruit des pas et des cris, et pourtant, au lieu de vivre l'instant présent, de ressentir toutes ces vibrations passer à travers moi comme des ondes gravitationnelles, je me recroqueville, je m'enferme et je me retrouve tout seul dans ma tête. A chaque fois que je cours, ça me sert de méditation. Je me concentre sur moi, mon état corporel autant que spirituel et je fais le point. Alors, que viens-tu faire ici, ce soir, Georges ? que viens-tu y chercher ? la gloire ? Oulah non. J'ai refusé la promesse d'un poste de PU-PH, souvent synonyme de gloire. On ne peut pas dire que je coure après une couronne, non. J'ai quitté ce boulot parce que je n'avais plus la satisfaction d'un travail bien fait. Et je viens chercher dans cette course la satisfaction d'accomplir un truc dont je me sens capable mais dont je ne suis pas sûr d'y arriver. C'est ça, je viens y chercher la foi. Je n'ai aucune preuve de pouvoir finir cette course en bon état, mais je m'en sens capable. Je n'ai aucune preuve mais je sais que je peux y arriver. J'ai foi en moi. Ce genre de course me donne confiance en moi. Même si j'échoue. Il peux très bien arriver des événements indépendants de ma volonté faisant en sorte que je ne finisse pas la course mais je garde ma dignité. C'est ça. La vie n'est pas un concours mais ce sont une succession d'obstacles mettant à l'épreuve notre foi en soi. C'est sans doute pour ça que j'ai toujours détesté les compétitions. On ne mesure pas sa foi en soi par rapport aux autres. Chacun se fixe des objectifs différents, chacun à sa mesure. Et le fait d'y arriver ou pas n'est pas une mesure de sa propre valeur. On peut perdre aux yeux des autres et pourtant gagner. Ça doit être pour ça que j'aime autant Rocky, le premier opus. Spoiler : il perd à la fin. Mais il a mesuré sa dignité à l'aune de lui-même. Il se bat pour lui, contre des obstacles qu'il s'est mis tout seul. Et de ce point de vue là, il a gagné à la fin du match. Il a remporté le combat mené pour sa dignité. Alors ? ce sont quoi mes auto-obstacles ? Mon complexe d'infériorité d'abord. Oui, c'est évident que je ne m'estime pas mériter une première place. Elle ne me revient pas parce que je n'ai rien accompli pour ça. C'est faux bien sûr. J'ai travaillé pour avoir ma place en médecine mais vu que j'ai toujours perdu à tous les concours se mesurant à d'autres personnes...je n'ai jamais fini premier d'une course, je n'ai jamais été premier de la classe, c'est logique qu'un victoire me semble inaccessible. Je m'estime comme étant moyen, banal, égal à la moyenne. C'est certainement pour ça que je me suis situé au milieu du peloton. C'est idiot je vous l'accorde. Au fil du temps, j'ai réussi à surmonter mon complexe d'infériorité pour un autre : celui de l'imposteur. Par la force des choses, j'ai du me rendre compte qu'il y a certaines choses que je réussissais. A commencer par le concours de première année de médecine. Donc oui, je remporte des trophées. Mais le mérite-je vraiment ? pourvu que les autres ne se rendent pas compte que je n'ai pas la valeur requise. Alors j'ai travaillé, dur, plus dur que tout le monde peut-être, je ne sais pas, je me suis toujours éloigné de mes confrères de peur d'être repéré comme incompétent. Petit à petit, j'ai bien du constater que je n'étais pas plus mauvais qu'un autre, voire parfois même, si j'osais, peut-être davantage compétent ? A propos des autres, où en suis-je dans ma course ? Nous sommes devenu une chenille incandescente. A flanc de montagne, nos lampes frontales allumées, les premiers sont devant, plus haut et se suivent à la queue-leu-leu. C'est beau. Je suis toujours au milieu ? je me retourne brièvement et estime le nombre de lumières. A vu de pif dans le noir, de dos, en courant, je pense que je me suis fait doubler. Forcément, à force de rêvasser, tu ne te concentres pas sur la course. C'était obligé. Bah, ce n'est pas grave. Économise-toi. Si tu voulais finir dans les premiers, ça aurait été important mais là, tu veux juste finir en bon état. Alors relax et enjoy the ride. De retour à mes réflexions. Oui, j'ai choisi une spécialité et oui, je me trouve compétent dans mon domaine. Ça a pris du temps mais j'y suis arrivé. J'ai aussi conscience d'avoir perdu en compétences dans d'autres domaines et c'est normal. Mais il m'arrive parfois de perdre cette humilité. Je deviens arrogant et j'ai horreur de ça. Comment est-ce que j'ai pu me laisser aller comme ça à me faire flatter ? parce que j'étais malheureux et perdu. Tout simplement. Ah bon ? c'était aussi simple que ça ? Simple. C'est le maître mot. Il m'a semblé simple de suivre cette voie parce qu'elle était toute tracée, rassurante. J'avais besoin de ça à ce moment, parce que...parce que...peut-être parce que je n'avais plus envie de rien. C'était une façon de se suicider par procuration. De continuer à vivre tout n'en étant plus vraiment vivant. C'est honteux. Déjà que le suicide peut être une façon de dire "j'abandonne" face à l'adversité, me regarder mourir à petit feu à travers mes propres yeux aurait été d'une lâcheté absolue. Merde ! J'ai décidé volontairement de mettre mon libre arbitre aux oubliettes et de laisser les rênes de ma vie à quelqu'un d'autre. C'est un double abandon ! Oh putain ! comment j'ai bien fait de me sortir de ce puits ! Tiens, à propose de puits, j'ai soif. J'aspire une gorgée de la gourde située dans mon sac à dos, à travers la paille géante proche de mon épaule droite. Où suis-je ? tout le monde ralentit. Ah, premier check point. Quel classement ? 800ième. Ah zut. Bon faut que je m'investisse dans cette course un peu quand même. Ça serait dommage que j'aie fait tout ce chemin pour rien. Allez Georges ! reprend quelques forces, mange un bout au stand et tu repars d'un bon pas. C'est reparti. Je respire un coup. Déjà 10km, en 2 heures. C'est pas mal. Je me fixe 24h pour finir la course, soit une arrivée estimée à 4h du matin dans la nuit de samedi à dimanche. Pour garder le rythme, il faudrait que je coure en 3 et 4km par heure. Tout à fait faisable étant donné que je cours sur du plat à 12km par heure et 6km/h en montées. Oui mais, sur de plus courtes périodes. Oh c'est bon ! ne te décourage pas ! ce n'est que le début. Persévère ! C'est comme mes études. Ça a été davantage de la persévérance que de la performance. La moitié du temps je n'avais pas envie d'y être et l'autre je ne savais pas ce que j'y foutais. Non, c'est très exagéré. C'est vrai que j'ai pu ne pas me sentir à ma place à certains moments. Mais j'ai croisé sur la route des gens formidables qui m'ont aidé, remotivé, stimulé. Qui ont vu en moi un potentiel et m'ont aidé à ne pas lâcher l'affaire même si j'avais l'air d'un gros mauvais. A mon crédit, je bosse dur. J'ai souvent été à côté de la plaque, mais j'ai toujours rattrapé mon retard de connaissance par le travail acharné. Au final, j'ai connu de bon moments. J'ai pu aider certaines personnes en retour sur leur propre chemin. J'ai accompagné des patients, soulagé des douleurs, relâché des angoisses, parfois juste écouté et posé des mains. J'ai fait de beaux diagnostiques et ai pu aider à guérir. Ça valait le coup. J'ai toujours détesté la phrase "rien n'arrive par hasard". C'est très con. C'est un argument "post hoc ergo propter hoc". Ce n'est qu'après que les événements de sa vie se soient passés qu'on peut se pencher dessus et dérouler le film avec le recul nécessaire. Il est alors facile d'interpréter nos choix à la lumière de tout ce qu'il avait avant et après puisqu'on se situe à postériori de tout cela. Mais ça efface les arguments au moment de la prise de décision et ça occulte le fait qu'au moment où on prend une décision, personne n'en connait les conséquences. C'est après, 3, 4 ou 5 "élément déclencheur - décision - conséquence" et ainsi de suite qu'on peut dire "Ah oui, mais alors ma première décision a eu pour conséquence de me retrouver ici aujourd'hui". Non, ça n'a rien à voir. C'est comme dire "Si les événements s'étaient passés différemment, les choses actuelles ne seraient pas pareil". Euh...oui, c'est même très probable. Non, ça n'a aucun sens que j'en ai chié hier "parce que" je suis devenu un bon médecin aujourd'hui. Ça a juste été chiant pendant et j'ai eu la présence d'esprit de persévérer. Oui, donc je dois mon diplôme plus à de l'entêtement qu'à de la réussite. J'étais encore sur les bancs de la fac au bout de 12 ans alors ils m'ont filé mon doctorat en remerciement de mon acte de présence. Non, je viens de dire que j'ai beaucoup travaillé. Oulala ! si je n'arrive plus à suivre le fil de mes propres pensées, c'est que je dois être en hypoglycémie. Où en suis-je ? Deuxième check point, toujours 800ième. Je mange un coup et je repars en trottinant puis en marchant. Nous arrivons à un petit chemin de montagne, large comme un seul pied. Impossible de doubler. Nous nous suivons à la que-leu-leu en marchant, impossible d'aller plus vite. Du coup, tout le monde tape la discut. On s'encourage, se félicite, ça fait combien de temps que tu coures ? Ah super ! félicitations ! Allez on ne lâche rien les gars, et les filles aussi ! Je ne vois pas le temps passer. Le soleil est en train de se lever. L'aurore éclaire les nuages en train de se dissiper de reflets d'or mêlés d'argent. A travers les nuées perce un ciel d'azur prometteur. Arrivés en haut de la crête de montagne, le chemin s'élargit, tout le monde double tout le monde dès qu'il en a la possibilité. On dirait un lâché de lapins dans un pré. Un joyeux bordel. Puis tout le monde reprend son petit rythme de course, chacun espacé de quelques enjambées de son prédécesseur et de son successeur. La redescente est presque aussi raide mais le chemin moins casse-gueule. Un peu plus bas, ça devient une véritable route de terre à travers les bois. Ça sent la rosée. Je me sens bien. Troisième check-point. 700°. Il a du y avoir quelques abandons devant moi. Il ne me semblait pas avoir doublé beaucoup de gens. 25km, plus d'un quart du chemin a été parcouru. Il est 10h du matin. Je suis parfaitement dans le timing que je m'étais fixé. Maintenant que nous sommes descendus dans la vallée, il faut remonter. Nous sommes sur le flanc exposé aux rayons du soleil. Je me sens me faire réchauffer depuis mes os jusqu'à ma peau, comme si j'étais une carafe et qu'on me remplissait d'une eau claire, limpide, lumineuse, scintillante et douce. Je me sens à ma place, exactement là où j'ai envie d'être et ça faisait longtemps que je n'avais pas ressenti ça. Je ne me suis jamais senti à ma place, ni à la fac, ni à l'hôpital. Pour différentes raisons. A la fac de médecine à cause de mon syndrome de l'imposteur, au CHU à cause des injonctions contradictoires. Prenez le temps avec les patients mais vite. Traitez-les avec humanité mais ne perdez pas de vue les statistiques de remplissage des lits. Les patients sont des individus mais ils doivent rapporter de l'argent à la structure de soin. Beurk. Non, vraiment, j'ai bien fait de me barrer. Au cas où j'en doutais encore. Je ne pensais pas que l'idée d'être au chômage me réjouirait autant et pourtant. En 15 ans dans le monde médical, pendant mon externat, je suis parti en Afrique pour donner une dernière chance à mes études, si ça ne me plaisait pas, je démissionnais. Puis 1 an avant la fin de mes études, j'ai commis le luxe de prendre une année sabbatique pour quitter la vie d'interne qui était en train de me tuer à petit feu. Et là, ça y est, mes études sont finies, ma thèse est passée, je viens de passer un an d'assistanat et je démissionne à nouveau. Je me lance dans l'à peu près inconnu, sans filet, mais je n'ai pas peur. Pas parce que là d'où je viens, c'est pire. Mais parce que j'ai foi en moi. Je sais que là vers où je me dirige, je serai heureux. Et ça me suffit. Je ne dis pas que ce sera facile mais au moins j'aurai une certaine maitrise des événements. C'est sans doute ça la clé. J'ai cédé à la facilité dans mon travail en acceptant la promesse d'un service et d'un titre de Professeur. Pas par facilité professionnelle (c'est dur d'être professeur quand même, faut pas déconner) mais facilité émotionnelle. Je n'avais plus envie de prendre de décision. Un peu comme dans "la nausée" de JP Sartre. Le personnage principal a la gerbe à chaque fois qu'il doit prendre une décision dans sa vie, il en suit qu'il n'en prend aucune et laisse la vie le porter. C'est plus facile pour lui comme ça. Hey ! mais ça doit être pour ça que je me suis laissé embarquer dans une relation à sens unique avec Emilie ! Parce que bon, posé sur le papier, à froid, je m'étais accroché à l'idée qu'elle pouvait éventuellement être amoureuse de moi alors que je n'ai jamais eu d'éléments clairs sur lesquels me baser. J'ai juste interprété chacune de ses réactions comme une tentative de me dire des choses sans les affirmer. Alors qu'en fait, non. C'est juste moi qui ai suivi un mirage. Pourquoi ? par facilité ! je viens de vous le dire, suivez-un peu. Il est plus facile de suivre aveuglément quelqu'un qui mène la danse de la séduction (même si en l'occurrence il n'y en avait pas de sa part) plutôt que de se saisir de son destin amoureux. Parce que ça comporte des risques, des inconnues. On risque se tromper et se faire mal, mais c'est le jeu. Et j'ai renoncé à ça ! Bordel, je devais vraiment être malheureux ou perdu pour refuser de tenir le gouvernail de mon cœur sur les eaux tumultueuses de l'amour. Ça a l'air tellement plus intéressant raconté comme ça. "Journal de bord du capitaine de mon cœur. Nous approchons d'une ile touffue habitée de naïades étranges dont nous allons faire la connaissance." Je me marre tout seul en grimpant la montagne. Il me semble avoir parlé tout haut. J'espère que les autres coureurs sont loin. Oui, ça a l'air. Je n'ai croisé personne depuis un moment. A moins que si, mais je suis tellement perdu dans mes réflexions que je ne vois presque pas ce qui se passe autour de nous. Et pourtant, c'est grandiose. Je viens d'arriver au col. Je me retourne et d'un regard, j'embrasse presque la moitié de l'ile. Je contemple toute cette immensité baignée de lumière...euh non, pardon, tout le chemin parcouru et un sentiment de fierté m'envahit, suivi immédiatement d'humilité dans cet immense paysage. Il y a aussi de la satisfaction, du contentement, de la paix; pas de condescendance ni de honte sur mes erreurs passées mais au contraire de la gratitude car elles m'ont menées jusqu'ici. J'adresse une prosternation envers mon parcours et je m'engage dans un cirque. Oui alors, forcément, raconté comme ça, oui, ça peut faire rire. Mais non. Je ne vais pas m'accrocher un nez rouge. Je descends dans un cirque de montagne, une vallée circulaire entourée de remparts hauts d'un demi kilomètre, sans aucune route. Uniquement des chemins pédestres. Ça veut dire que si je me casse une jambe c'est hélicoptère direct, pas d'ambulance. Ça veut aussi dire que je vais passer les 30 prochains kilomètres isolé du monde et que ce n'est pas le moment d'abandonner. Il n'y a pas de demi-tour. Soit je traverse le cirque de bout en bout vers la sortie, soit j'y reste coincé. La perspective de devenir ermite au milieu des montagnes ne me contrarie pas spécialement mais elle n'est pas prévue dans mes plans. Je m'enfonce donc dans le cercle de pierre et de verdure pour descendre progressivement 1000m de dénivelé et remonter 1000m raides à la sortie. Le chemin le plus difficile que je connaisse. C'était là dessus que je m'étais cassé les poumons lors de ma première course. Tu es prêt Georges ? Oui. Plus que jamais. Sans hésiter. 4ième check point. 400ième. Pardon ? vous êtes sûr ? J'aurais remonté de 300 places dans mon classement ? oh la vache ! je ne pensais pas que c'était possible. J'ai doublé autant de gens que ça ? ou alors il y a eu une flopée d'abandons. Je demande aux organisateurs. Non non, très peu d'abandons. Une cinquantaine tout au plus. En même temps nous ne sommes qu'à la moitié de la course. Il est 16h. J'ai fait 45km. J'hallucine un tout petit peu des progrès que j'ai fait en si peu de temps. Allez hop hop, ce n'est plus le temps de s’appesantir. Le soleil se couche dans 2 ou 3 heures et il te reste un gros morceau à franchir. Je suis dans l'ombre de la montagne et des fougères arborescentes. Et comme j'ai bien transpiré au soleil, mon haut est trempé malgré la technologie d'évaporation accélérée et je commence à avoir un peu froid. Pas suffisamment pour mettre une couche supplémentaire cependant. Allez Georges, active toi, réchauffe-toi. Trouve le volcan qui est en toi. C'est vrai ça. Qu'est-ce que j'ai en moi ? quel est la chaleur qui m'anime ? Première chose qui m'assaille : qu'est-ce qui me meut ? évidemment je pense à une vache. Donc oui, ce qui me réchauffe le cœur, c'est de rire, me faire plaisir, me marrer, autant que possible. Je n'envisage pas ma vie sans humour. Quoi d'autre ? manger. J'adore manger. Je veux une cuisine dans ma future maison. Encore ? oui, faire du sport. Pas pour pavaner avec mes abdos mais pour moi, pour mon équilibre. Je vois bien en ce moment même que le sport remplace aisément une psychanalyse, des antidépresseurs et une séance de méditation. Trois en un. Et avec ceci ? être libre et heureux. Franchement, je pense être en train d'emprunter la bonne voie. Je pense avoir fait les bons choix dernièrement. Oui mais... A la fin de "Into the wild" (attention spoiler alert) le personnage principal écrit "l'amour ne vaut que s'il est partagé". A quoi ça sert que je sois heureux tout seul avec ma future cuisine et des fessiers en béton ? C'est déjà pas mal, non ? Non. Je me connais. Oui, je sais qu'un (ou une) autre n'est pas là pour combler ses lacunes et qu'il faut avant tout se construire soi pour aider l'autre à se construire et...bah non. Mon raisonnement tombe à plat. Si le fait d'être heureux permet à d'autres d'aider à se construire, ça veut forcément dire par ce biais là que les autres me construisent en retour, donc que je ne suis pas autosuffisant. J'ai envie d'avoir quelqu'un dans ma vie, qui à la fois m'aime comme je suis et qui m'aide à me construire, à devenir davantage que ce que je suis en cet instant. Et j'aimerais que la réciproque soit valable pour cette autre personne qui partagerait ma vie. Ah, et alors tu vois ça comment, la croissance conjointe de deux individus ? J'imagine que si tout roule, tu n'apprends pas grand chose. Enfin si, tu apprends à connaître l'autre, son histoire, ses sentiments...mais je pense que ce n'est qu'à travers les difficultés que tu grandis réellement. Du coup, grandir à deux, ça veut dire traverser des épreuves ensemble. Ah super. Tu as envie de te mettre en couple avec une personne et tu lui proposes quoi ? d'en chier ?! super ton programme. Oui mais non. Ce n'est pas comme ça qu'il faut voir les choses. Je veux dire, bien sûr que je préfère les bons moments, évidemment. Mais si je dois traverser des épreuves dans la vie, je préfère le faire accompagné d'une personne avec qui je pourrais me marrer, manger, picoler, parler, philosopher, courir...bref, une amie. Aaaah ! (de soulagement) Nous arrivons quelque part après toutes ces réflexions. Ah! (le constat) Et merde. Ça y est ? t'as compris ? il t'a fallu 14 heures à te peler dans la montagne, à transpirer et te niquer les pieds pour réaliser qu'il y avait un trésor à ton point de départ. Bravo ! ce n'est pas l'Alchimis

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